Photographie et reportages par Valerian Mazataud photographe et journaliste/Photography and reportages by Valerian Mazataud photographer and journalist in Montreal, Quebec, Canada
© Valerian Mazataud – septembre 2013
jeudi 31 janvier 2008, par
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Kia ora (bonjour en Maori), kei te pehea koe ? (comment ça va ?)
Bienvenue en Nouvelle Zélande ! De ses petits doigts boudinés, hygiéniquement gantés de latex, l’officier de contrôle sanitaire nous tend notre amende de 100 euros. Drogue, armes ? Non rassurez vous, rien de tout cela, nous avions simplement omis de déclarer des produits susceptibles de contaminer le pays : notre tente, des balles de jonglage contenant des graines, notre jumbe sénégalais en bois et peau de chèvre, une calebasse de la taille d’une prune, et 20 g de lait en poudre. Tout cela sera détruit, sauf la tente et le tamtam consciencieusement gazés.
Auckland est la plus grande ville du pays, mais pas la capitale, ce titre revenant à Wellington. Elle compte un million d’habitants, soit le quart de la population du pays, qui vit dans de grandes banlieues où aucun bâtiment ne dépasse deux étages. Le centre ville, entre Pacifique et mer de Tasmanie, s’organise autour de Quay street, le port, et Queen street, dominés par la fameuse “Sky-City Tower”. Tout semble moderne et aseptisé, et manque un peu du charme propre aux villes chargées d’histoire. (http://www.aucklandnz.com). Mais avant d’entrer au pays des kiwis, laisser nous vous conter la fin de nos péripéties sud américaines.
Il y a deux semaines déjà, au Chili, nous avions chacun pris une direction différente. Soyez tranquilles, pas de conflit entre nous, simplement Michèle et Val ont choisi de s’aventurer au sud, alors que Seb a tranquillement “véloté” le long de la côte de la XII° région. Vous aurez donc droit à deux comptes rendus, dans cette lettre.
Michèle et Val : De l’avion qui nous emporte à basse altitude vers Puerto Montt, à plus de 1000 kilomètres de Santiago, la vue est incroyable. A l’est scintillent les cimes enneigées des Andes, tandis qu’à l’ouest, le soleil se dilue lentement dans les nuages du Pacifique. Après 70 km de bus, nous nous retrouvons au pied du volcan Osorno, sorte de mont Fuji local, cône parfait, à peine émergé des eaux glacées du “Lago Lanquihue”, et dont la cime semble avoir été blanchie par les nuages. (http://www.osornoguia.cl/). Plus bas, les eaux du glacier s’écoulent à grand fracas dans les chutes du “Salto Rio Petrohue”, sous le regard de nombreux touristes à peine débarqués des bus. A deux cents kilomètres de là, le bac qui nous emmène vers l’île de Chiloe, l’endroit le plus pluvieux du Chili, est escorté par un ballet d’otaries. Le lendemain, dans un paysage de collines verdoyantes aux airs d’Ecosse, un bus sautillant, nous mène aux îlots du Punihuil qui abritent des colonies de pingouins Humbolt et Magellan, et toute une foule d’oiseaux de mer, goélands, cormorans, aigles, ainsi que diverses loutres et otaries.
Le Chili, et tout particulièrement Chiloe, est tourné vers la mer et ses produits, dont les restaurants et les marchés regorgent. Les algues qui sont récoltées et séchées avant d’être expédiées au Japon, en constituent la grande spécialité. Avant de regagner le nord du pays, nous séjournons au centre de l’île, dans le village coloré de Castro, où les maisons sur pilotis du quartier de Palifatos, défient deux fois par jour l’inlassable jeu des marées. (http://www.chiloeweb.com http://www.mitologiachilota.cl)
Seb : Après une heure de bus pour sortir de la capitale, j’arrive au bout du monde. Le village de la Boca, avec ses maisons de pêcheurs en bois coloré, est perché en haut d’une falaise, coincé entre le Pacifique et un rio. Ayant passé une nuit très fraîche sur le sable volcanique noir de la plage, je prends la direction de Pichilemo, haut lieu du surf chilien, par une route en montagnes russes de la cordillère de la Costa. J’y rencontre Pepe, professeur de sport, qui m’invite à planter la tente dans le jardin de la petite casa, qu’il partage avec trois amis dont un gringo (américain). Il travaille à la mission chrétienne, institution qui a la noble mission de former des missionnaires de toutes nationalités. Ainsi nous passons des soirées très conviviales entre boliviens, chiliens, vénézuéliens, et allemands, à faire griller des “Chorizos” (saucisses) pour le “Choripan” (sorte de Hot-Dog). L’après midi est réservé au surf. Pepe me prête une planche et une combinaison, et je passe trois heures dans l’eau à 12° du Pacifique, gelé mais heureux. (http://www.gochile.cl/Attr_s/htm/pi...).
Mais voilà tout a une fin, et par un jour probablement pluvieux, Michèle a repris l’avion, et Val est venu se consoler auprès de Seb et Fabio, notre dessinateur de choc. Fabio nous a emmenés à Curepto, son pueblo natal, où la famille Gonzales nous a réservé un accueil formidable. Clarisse, sa mère, excellente cuisinière, nous a régalé de bouillons variés, empenadas, purée de maïs et de haricots, et autres “Humitas”, mais cuit dans ses feuille. Sans oublier quelques bouteilles d’excellent vin chilien. (http://www.curepto.cl).
Fabio nous fait visiter l’école de son enfance, l’Escuela Pedro Antonio Gonzales, baptisé aisni en l’honneur d’un poète du village sur lequel Fabio a réalisé un film et une exposition. Nous y donnons un spectacle, en musique, devant 350 “ninos” (gamins) ravis et déchaînés. Le lendemain nous allons au cœur des “cerros” (collines) de la cordillère de la Costa, dans une autre école, qui a poussée là comme une fleur au milieu des mines de charbon. Les trois instituteurs et leurs trente deux élèves forment une grande famille. Une école rêvée en pleine nature, un endroit idéal pour faire le clown.
De retour à Santiago, nous suivons missile à missile la destruction de Bagdad. Ici aussi, comme dans le reste du monde, la rue s’est mobilisée contre la guerre, avec de nombreuses manifestations animées : jongleurs, acrobates, percussionnistes, danseurs, concerts. Il faut dire que la rue au Chili est un art de vivre. Toujours bondée, on ne peut faire un pas en centre ville sans y croiser un mime, un clown, un musicien (guitare, tambour, rap, piano, …), un peintre, une diseuse de bonne aventure, un astronome avec son télescope pointé sur Saturne, et d’innombrables vendeurs de tout et de rien. (http://www.a-zoftourism.com/travel-...).
Nous y rencontrons Ricardo, maître de guitare, il joue entouré d’une foule compacte qui reprend en chœur de mélancoliques airs cubains. Voilà dix neuf ans qu’il voyage pour dispenser ses commentaires comico- satiriques entre deux chansons. Tout le monde le connaît et le respecte, et personne ne partirait sans lui avoir serré la main. Visage pointu, cheveux fous, guitare sur l’épaule, le voici qui s’en va déjà.
Comme vous le voyez, le Chili a su nous séduire, et ce n’est pas sans un pincement au cœur que nous avons quittés Fabio et Marcela.
L’aventure continue, Haere ra (au revoir).
Val et Seb