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Photographie et reportages par Valerian Mazataud photographe et journaliste/Photography and reportages by Valerian Mazataud photographer and journalist in Montreal, Quebec, Canada

© Valerian Mazataud – septembre 2013


La Grande Epoque - The Concordian

Ingrid Betancourt à Montréal

Valerian Mazataud, Photojournalist, Montreal

mardi 13 octobre 2009, par Valerian Mazataud

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P.-S.

Ingrid Bétancourt livre son message à Montréal

Ingrid Bétancourt a participé le 25 septembre à une édition spéciale de l’émission 24 heures en 60 minutes de Radio-Canada au Palais des congrès de Montréal. Le moment de revenir sur un conflit sanglant entre guérillas de gauche et paramilitaires d’extrême-droite, qui agite la Colombie depuis plus de 60 ans.

La Franco-Colombienne, ex-otage des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), visite actuellement le Québec dans le cadre d’une tournée organisée par Reporters sans frontières et l’Institut du Nouveau Monde. Durant sa venue, celle qui a passé six années et demie emprisonnée dans la jungle s’est vu remettre la médaille de l’Assemblée nationale, le Prix international du courage au féminin ainsi qu’un doctorat honorifique de l’Université de Montréal.

Silence religieux dans un studio d’enregistrement vaste comme une cathédrale. Plusieurs centaines de personnes s’étaient déplacées pour assister à l’interview de l’ex-candidate à la présidence colombienne.

Le format de l’émission, qui permettait à une poignée de spectateurs de poser leurs questions, semblait, à l’image de sa principale invitée, calme, posé et apaisé.

Mme Bétancourt avoue « avoir toujours eu peur », mais s’être accrochée à des principes plus forts, comme l’amour. Malgré cinq tentatives d’évasion, elle a dû attendre le 2 juillet 2008 pour retrouver ses proches, grâce à une intervention du gouvernement colombien qu’elle qualifie de « parfaite ».

La mère de deux enfants, enlevée le 23 février 2002, reconnaît aujourd’hui qu’elle a pardonné à ses ravisseurs : « Je les aime en tant qu’êtres humains, mais pas en tant qu’organisation. » Elle se dit également touchée par les déclarations de ses anciens codétenus – notamment les Américains Marc Gonsalves, Tom Howes et Keith Stansell – et son ancienne directrice de campagne Clara Rojas : « Nous avons tous souffert ensemble, ce sont mes frères, et je ne veux pas réagir en réponse à leurs reproches. »

Les FARC sont, avec l’ELN (Ejército de Liberación Nacional), la principale guérilla d’extrême-gauche de Colombie. Le mouvement qui se réclame du marxisme est apparu dans les années 1960, en réaction aux violents affrontements qui ont suivi l’assassinat du leader libéral Jorge Eliecer Gaitan.

Bétancourt fustige les guérilleros qu’elle qualifie aujourd’hui « d’organisation corrompue vouée au trafic de la drogue et bien loin de ses aspirations de justice sociale originelles ».

Pour beaucoup, la détention de Mme Bétancourt ? « otage vedette » ? n’est que l’arbre qui cache la forêt. Selon l’AFP, plus de 3000 otages sont encore retenus à travers le pays par de multiples organisations, dont plus de 500 par les FARC.

L’ancienne députée du Parti vert ne souhaite désormais plus se présenter à la présidence. Alors que son ancien adversaire Alvaro Uribe organise un referendum destiné à lui permettre de briguer un troisième mandat en 2010, elle dit souhaiter que le peuple colombien puisse s’exprimer et elle s’engage à continuer à combattre la corruption sous toutes ses formes.

Sa déclaration intervient au moment où le Canada est en passe de ratifier un accord de libre-échange avec la Colombie, dénoncé par des grands syndicats canadiens (le Syndicat des travailleurs et travailleuses des Postes, le Syndicat canadien de la fonction publique, l’Alliance de la fonction publique du Canada et le Syndicat national des employé(e)s généraux du secteur public) en raison des atteintes aux droits des militants syndicalistes colombiens. Près d’une trentaine de ces derniers auraient été assassinés en 2008.

Les syndicalistes sont surtout ciblés par les forces de sécurité et les organisations paramilitaires.

Selon Amnesty International (AI), « L’armée et leurs alliés paramilitaires mènent une stratégie destinée à priver la guérilla de tout soutien de la population civile. La terreur fait partie intégrante de leur stratégie : disparitions, torture, sévices sexuels, menaces de mort et meurtres de civils. La terreur sert à aider les élites économiques à protéger, étendre et consolider leurs intérêts. »

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Voir en ligne : http://www.lagrandeepoque.com/LGE/C...


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