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Photographie et reportages par Valerian Mazataud photographe et journaliste/Photography and reportages by Valerian Mazataud photographer and journalist in Montreal, Quebec, Canada

© Valerian Mazataud – septembre 2013


Les agro-carburants au Québec - Biofuels in Quebec

Par Valerian Mazataud, Photojournaliste, Montreal

dimanche 9 août 2009, par Valerian Mazataud

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Portfolio

Boucherville, QC. Culture de maïs grain destinée à la production de Greenfield (...) Le maïs grain, base du bio-éthanol de première génération © Photo Valérian (...) La distillerie Greenfield Ethanol, à Varennes, Québec © Photo Valérian (...) L'entrée des camions de maïs grain à Greenfield Ethanol © Photo Valérian (...) Jean Roberge, directeur de Greenfield Ethanol à Varennes © Photo Valérian (...) Poignée de maïs grain. La majorité du maïs de Greenfield ethanol est produite (...) Alain Drouin contrôle la production quotidienne de la distillerie qui (...) Réservoirs de bio-éthanol. L'alcool, pur à 100 % est dénaturé avec un pourcent (...) L'éthanol produit à Varennes est incorporé dans l'essence distribuée par (...) Marie-Hélène Labrie, Vice-Présidente de Enerkem © Photo Valérian (...) Julian Alvarez, chanteur du groupe Bombellese, devant son bus qui roule à (...)

P.-S.

Rouler bio : fiction ou réalité ?

Solution d’avenir pour contrer l’effet de serre ou écoblanchiment ? Les agrocarburants, ou biocarburants, déchaînent les passions. Surtout depuis qu’ils ont été accusés d’être responsables de la crise alimentaire. Mais des solutions se profilent à l’horizon pour rouler bio avec la transformation de déchets en éthanol.

Jean Roberge, directeur et concepteur technique de la distillerie Éthanol GreenField à Varennes, défend, chiffres à l’appui, l’empreinte carbone de son usine de bioéthanol, un agrocarburant fabriqué à partir de grains de maïs. Il faut dire que depuis que les « carburants verts » ont été pointés du doigt comme principaux responsables de la crise alimentaire, il y a beaucoup à faire pour corriger le tir.

Selon la Banque mondiale, le prix des denrées alimentaires a augmenté de 130 % entre 2002 et 2008. Dans son rapport, l’économiste Donald Mitchell conclut que la hausse des prix alimentaires est due à la convergence d’une multitude de facteurs, mais que 70 % de la responsabilité revient à la production d’agrocarburants.

Autre problème : les biocarburants ne seraient pas si bios que ça. Ainsi, une étude de 2008 de l’Agence pour la protection de l’environnement de la Californie indique que l’empreinte carbone de l’éthanol de maïs est plus élevée que celle des carburants fossiles, si l’on considère le cycle de vie complet, du champ de maïs à la voiture.

Dans le prestigieux magazine Science, Timothy Searchinger, de l’Université Princeton, enfonce le clou : la production d’agrocarburants cause trop de déforestation et fera doubler la production de gaz à effet de serre pour les 30 prochaines années.

Le point de vue de Jean Roberge est tout autre. « On n’a pas attendu la crise pour produire de manière écologique, rétorque-t-il. Les études se basent sur de vieux chiffres, mais les technologies de production évoluent constamment. » Par exemple, le projet de Varennes a été complètement modifié en 1997 et en 2001, afin de suivre les avancées techniques. Aujourd’hui, la distillerie serait l’une des plus écologiques du continent. L’eau y circule en circuit fermé, la chaleur est récupérée, les sous-produits sont valorisés, les fumées filtrées, les producteurs, tous situés dans un rayon de 70 km, répondent à un cahier des charges durable, et la distribution se fait dans le Grand Montréal.

Pas au détriment de l’alimentation

Difficile de généraliser entre les différentes cultures (de la canne à sucre au colza) ou entre les multiples carburants (biodiesel, huile végétale, méthane). Cependant, pour Jacques Lacroix, recherchiste à Équiterre, la question ne se pose même pas. « Ça n’a aucun sens de détourner des terres agricoles pour produire autre chose que des aliments. » Même son de cloche du côté du président de l’Association québécoise pour la promotion de l’éducation relative à l’environnement, Robert Litzler, qui souhaite « dénoncer de manière absolue la culture de maïs pour l’éthanol. On veut nourrir des hommes, pas des voitures », s’insurge l’ancien professeur de chimie au Collège de Rosemont.

De l’éthanol à partir de déchets

La solution idéale n’est cependant peut-être pas très loin. À Westbury, en banlieue de Sherbrooke, la société Enerkem produit annuellement cinq millions de litres d’éthanol à partir de... vieux poteaux électriques. Grâce à l’utilisation d’un procédé thermochimique mis au point à l’Université de Sherbrooke, l’entreprise est capable de transformer une tonne de déchets en 360 litres d’éthanol. De quoi couvrir 2500 km.

Les agrocarburants de deuxième génération permettront de créer de l’éthanol à partir de déchets, un scénario digne des meilleurs romans de science-fiction.

En 2010, Enerkem ouvrira une nouvelle usine à Edmonton, en Alberta. Objectif annoncé : 36 millions de litres produits à partir des déchets domestiques de la ville. L’équivalent de 12 000 voitures en moins. « Nos mots d’ordre sont alternative et flexibilité. La biomasse qui remplace le pétrole, c’est un changement de modèle de société », s’enthousiasme Marie-Hélène Labrie, la vice-présidente du groupe.

Et la demande n’est pas près de redescendre. Avec l’adoption du projet de loi C-33, le Canada s’est engagé à remplacer 5 % de l’essence par de l’éthanol. Au Québec, on vise aussi les 5 %, mais en privilégiant les technologies de deuxième génération. « Faire du carburant avec les déchets de notre industrie forestière, c’est une solution idéale », pense Robert Litzler. Un point de vue que tempère Éric Darier, responsable de la campagne Agriculture, de Greenpeace. « Attention à ce que l’on appelle déchets. Par exemple, les résidus agricoles sont très utiles aux sols. La priorité, ça doit être de réduire nos rejets. »

Pendant ce temps, dans les labos, on planche déjà sur la troisième génération de biocarburants, avec la production d’hydrogène par des microalgues. À moins que la solution ne se trouve du côté des casse-croûte, comme pour le groupe afro-brésilien Bombolessé, dont le bus roule... à l’huile de friture !

Voir en ligne : ServiceVie.com


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