Photographie et reportages par Valerian Mazataud photographe et journaliste/Photography and reportages by Valerian Mazataud photographer and journalist in Montreal, Quebec, Canada
© Valerian Mazataud – septembre 2013
vendredi 1er février 2008, par
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Kia ora, kei te pehea koe ? (bonjour, comment ça va ? en Maori)
Voilà déjà une dizaine de jours que nous pédalons à travers la Nouvelle Zélande, des sages prairies clôturées d’Auckland, aux forêts de pins escarpées du pacifique.
Au début tout ne semblait pas gagné, nous avons du réveiller brutalement nos muscles ramollis par notre séjour chilien, mais ensuite quelle joie de retrouver notre liberté et notre chère vie nomade. Il nous a fallu du temps pour découvrir l’accueil Kiwi. De prime abord tout nous paraissait trop propre, organisé, ordonné, comme ces immenses prairies savamment barricadées et inaccessibles. C’est justement cela qui nous a poussé à frapper à la porte des maisons, et des fermes, perdues dans la verdure. Un soir nous sommes accueillis par Paula, dresseuse de chevaux, qui vit seule avec ses deux “boys” de 7 et 9 ans, Sutton et Kenrick, dont la grande passion consiste à sauter dans les buissons et à ouvrir les nids d’araignées. Le lendemain, c’est Kim un paysagiste au physique de bûcheron canadien qui nous ouvre sa porte. Par une soirée pluvieuse, la famille Duomrey nous installe dans son salon. Jamais on ne nous laisse partir, sans un solide “breakfast” dans le ventre.
Après une semaine nous avons atteint Rotorua, haut lieu du tourisme volcanique (http://nz.com/tout/rotorua/) La ville baigne en permanence dans les vapeurs de soufre, bonjour l’odeur, et on trouve des lacs bouillonnants et fumants en plein centre ville. C’est là que le Weber Bros Circus a planté son chapiteau pour deux semaines (http://www.weberbroscircus.com/).
Nous discutons avec Uncle Ernie, dresseur de lamas, chèvres, et poneys, qui nous prend en sympathie, et nous offre deux tickets pour le show. Tous les grands classiques y sont revus et corrigés : équilibre, roue, funambules, tremplin, clowns (nous prenons des notes), trapèze, etc. Après la représentation nous rencontrons Sam Lander, 19 ans, fraîchement sorti de l’école de cirque de Christchurch, spécialiste en acrobaties et roue infernale. Il partage sa roulotte avec Paul, l’homme fort du cirque, qui règle également éclairages, son, et mise en scène. Finalement, nous passons le reste de l’après midi à discuter avec Carlos, Heber, et Hewin, trois funambules colombiens, enfants de la balle. Le soir venu, notre tente paraît minuscule face à l’imposant chapiteau.
Tout au long de notre route, les quelques 60 millions de moutons du pays (pour 3.8 millions d’habitants), nous observent avec curiosité, ainsi que les vaches noires (Angus pour les spécialistes), et plus rarement les cerfs et les lamas d’élevage. Les opossums pullulent, mais on les rencontre le plus souvent aplatis sur les routes. Toutefois, l’animal roi du pays, c’est sans conteste …l’aoûtat. Chaque centimètre carré d’herbe en abrite des milliers, prêts à sauter sur tout morceau de chair fraîche, d’appétissants mollets de cyclistes par exemple.
Nous pénétrons ensuite dans la mystérieuse forêt primaire semi tropicale de “Te Urewera National Park”, dont la canopée se dresse haut dans le ciel. Pour la petite histoire, en Maori, “Te Urewera” signifie pénis brûlé, en référence au vieux chef Ngati Potiki qui s’était endormi trop près du feu. La nuit toute la forêt résonne des cris étranges de ses habitants, et dans les clairières où nous dormons, la silhouette des arbres géants se détache sur un ciel d’encre. Malheureusement, la pluie qui nous poursuit depuis notre arrivée, transforme les chemins en boue. Avant de rejoindre le bitume, notre route nous emmène autour du lac de Waikaremoana, recouvert d’une brume épaisse descendue de la forêt. (http://www.lake.co.nz/) .
C’est pourtant sous un soleil radieux que nous atteignons la côte pacifique à Wairoa (http://www.wairoastar.co.nz/). Pentes à pic, descentes vertigineuses, le ton est donné, la terre fait autant de vagues que l’océan. Nous suons à grosses gouttes, mais le paysage le mérite, les collines vert émeraude, se perdent dans la pâleur de l’horizon, et plongent au loin dans la mer.
Quelques chiffres avant de se quitter :
3 : pantalons perdus par Seb
5 : mois de voyage
30 : crevaisons de Val
69.8 km/heure, record de descente établi par Seb
7800 : kilomètres aux compteurs des vélos
Portez vous bien, haere ra.
Val et Seb